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You Are Here: Home » French Articles » Le temps de rallumer les étoiles!

Par Hudes DesrameauxSpécial pour CSMS MagazineL’année 2004 avait encore trouvé Haiti en guerre. En guerre contre elle-même, bien sûr. Cette sale, inutile guerre qu’Haiti n’a cessée de se livrer depuis plus de deux siècles. Cette fois deux camps, Convergence et Fanmi Lavalas, avaient decidé bêtement d’ouvrir les portes de leur arsenal de guerre et se livrer une dernière bataille. Pour consacrer encore le triomphe de la bêtise.   Cette guerre a toujours ceci de particulier qu’il n’y a jamais eu de vainqueurs. En effet, mes chers Duvalier, Cédras et Aristide, dites-nous clairement en quoi votre victoire nous a permis d’élever un monument pour célébrer notre triomphe contre la faim et les troublantes inégalites? Sinon cette poignée de dollars empochée dans la complicite de la nuit. L’argent de la honte!   Mémoire d’encier a marqué l’occasion de notre bicentenaire en publiant Nul n’est une île. Une compilation d’essais par des écrivains disant et proclamant leur foi en cette autre Haiti qui a survécu malgré tout! Miraculeux, comme le dira, pour paraphraser Dany Laferrière, notre “Nobélisable” Franketienne.   J’aime l’idée des deux éditeurs, Rodney Saint Eloi et Stanley Péan, derriére ce collectif. Les deux n’ont pas fait appel à aucun des grands écrivains haitiens vivant dans leur pays ou ailleurs. Ni Frankétienne, Dany Laferrière, Gary Victor, Lionel Trouillot, George Castera, Jean Métellus et René Dépestre. Ils ont plutôt fait appel à 15 autres écrivains: 11 amis d’Haiti et 4 haitiens. Un total de 17 écrivains, si on inclut Rodney Saint Eloi et Stanley Péan. Décidément un régal pour le coeur et l’esprit!   Faut-il aussi dire que ces écrivains haitiens dans ce collectif jonglent aussi merveilleusement avec les mots? Rodney Saint Eloi, Stanley Pean, Edwidge Danticat, Gary Klang, George Anglade, et Marie-Célie Agnant. Il est clair que Saint Eloi et Edwidge Danticat sont nos nouveaux géants dans la litérature haitienne.   Il n’y a rien à ne pas aimer dans ce livre. Des écrivains étrangers, qui n’ont peut être jamais mis les pieds en Haiti, nous disent leur amour de cette merveileuse Haiti. Le togolais, Theo Ananissoh, fait la connaissance d’Haiti à 17 ans sur les bancs du lycée à travers son professeur qui se raffolait de Jacques Roumain. Oui, Haiti c’est aussi Roumain, le savez-vous, Monsieur le journaliste?   David Homel, jeune américain visitant Haiti en 1974, est émerveille “qu’aucun noir ne me regardait avec haine, méfiance ou peur, parce que que j’étais blanc”. Homel nous raconte sa rencontre avec un haitien qui venait s’asseoir tout près de lui parce que, pour cet haitien, “c’est triste d’être seul”. Oui, Haiti c’est aussi cette solidarité et cette chaleur humaine. Le savez-vous, Messieurs les détracteurs?   Venons en à Gary Klang? Poête et romancier, Gary Klang est surtout connu du grand public pour ses articles de journal où il s’érige avec brio en critique permanent des pratiques politiques de nos politiciens. Son essai Elle n’avait peur de rien est en forme d’une lettre imaginaire adressée a Stéphane, un membre de sa famille. Klang fait l’éloge de sa grand’mère qui n’avait pas peur de rien. Cette dame qui s’est mariée deux fois et qui n’avait pas une parcelle de prejugés en elle. Cette dame qui visitait les quartiers pauvres en solidarité active avec les pauvres. Cet essai est surtout une explication de notre drame de pays indépendant depuis deux siècles, sans manquer de fustiger notre président-médecin et notre président-prêtre.   Pour Klank, le drame haitien ne peut être expliqué que par la psychanalyse. “1804 a libéré Haiti en emprisonnant Haiti. Il nous dit ensuite: “Nous avons honte de réussir. Les haitiens n’ont plus envie de faire d’effort. Que peut on faire de plus? De mieux”? Klang renchérit: “L’ex perle des Antilles est devenue un bateau ivre qui a donné dos à l’avenir et fait route vers 1804”.    A-t-on jamais lu d’aussi beau et vrai pour expliquer nos deux cent ans de solitude et de violence dans notre Haiti tant aimée?   Il faut faire marche arrière, pour emprunter le titre d’un livre de Roger Dorsainvil. Le présent nous convie à faire face aux défis de l’heure et créer une nouvelle Haiti. Une Haiti démocratique et juste et qui cesse de se livrer bataille après bataille.   Un défi à relever. Et pour boussole, notre conviction à “rallumer les étoiles” tout en critiquant, pour citer Gary Glank encore, “les petits hommes qui éteignent les flambeaux et font de l’ombre sur la terre”. Dans notre pays on connait ces hommes dans leur empressement à rendre hommage à nos ancêtres.   Rendons plutôt hommage aujourd’hui à ceux et celles qui par leurs efforts dans le quotidien d’Haiti veulent nous ouvrir les portes du bonheur! Les plus pauvres d’entre nous, d’abord mais sans exclusion aucune!   Une bataille pour la paix nous interpelle tous! Nul n’est une île est une petite contribution, mais combien merveilleuse, à la construction de cette societé paisible et en laquelle la lutte pour le pain et la liberté devient notre boussole.  Note: Hudes Desrameaux est écrivain et édotiraliste du journal hebdomadaire anglophone The Haitian Times. Il est notre nouveau collaborateur. Il vit en Floride.  Voir aussi: Rodney Saint-Eloi : https://www.csmsmagazine.org/news.php?pg=20060823I233   Aussi: Danny Laferrière : https://www.csmsmagazine.org/news.php?pg=20060613I123  Et aussi Danny Laferrière et son sacré Polaroid: https://www.csmsmagazine.org/news.php?pg=20060903I247

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