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You Are Here: Home » French Articles » Ile Maurice: Le Festival international Créole

Par Paul. E. François

CSMS Magazine

Du 6  au 13 décembre la culture créole était en fête. Le mois de décembre, c’est la période généralement la plus ensoleillée de l’année ou il fait bon de se prélasser sous les filaos qui côtoient les belles plages de l’île. Les champs de cannes fraîchement récoltées, nous laissent un tapis verdoyant de repousses. Les branches des arbres fruitiers, letchis et mangues se penchent sous le poids de leurs rapports. C’est la période ou fleurissent les flamboyants, signe annonciateur du nouvel an, et, que  dame nature,  a peut-être choisit  pour en faire le plus beau mois de l’année à l’île Maurice. Dans ce kaléidoscope des couleurs de l’été,  s’est donc déroulé  le festival international créole, organisé pour la troisième année consécutive. La saveur culinaire créole, son artisanat et le rythme de sa musicalité typique, fut la consistance du plat qui allait agrémenter cet événement. Furent conviés à ce festival, deux étrangers nommément de la Guadeloupe et de la Martinique pour disserter sur la langue créole,  et des artistes de renoms Internationaux, dont ceux des îles créolophones de l’océan indien, sans compter la soixantaine de journalistes étrangers, invités pour couvrir l’événement et pour faire découvrir au monde les vertus de la créolité tropicale.

            Initié pour la première fois en 2006 et placé sous l’égide du ministère du tourisme, le festival international créole qui avait pour  thème  cette année, Liberté Egalité Fierté. Thème qui a été très  calculé selon les dires du ministre du tourisme l’or de son allocution à l’occasion de l’ouverture du festival.  Thème qui d’ailleurs laisse entrevoir  dans sa phonétique, une sonorité politique très significative de  vouloir faire avancer d’un côté les grandes idées annonciatrices d’une libération à être affirmer, et de l’autre à promouvoir une intégration égalitaire, par rapports aux autres composants culturels de la société qui fait partie de la nation mauricienne.

            Et l’on doit s’enorgueillir du calendrier du festival, qui dans la forme a offert  une chance à la culture créole de  pouvoir  enfin  s’exprimer  sur un honorable plateau de ses différentes facettes, et valeurs culturelles longtemps marginalisées ou des fois tout simplement méprisées.

L’ouverture de ce troisième festival créole a été lancée dans un lieu hautement symbolique d’une île  Maurice qui a le regard tourner vers l’avenir. Le Cyber Café situé à Ebène. Parenthèse pour dire que le bois d’Ebène est un arbre qui fut très associé à l’histoire de l’esclavage. Aussi, ne fait t’on pas souvent allusion à ses valeureux esclaves aux corps couleur du bois d’ébène ou même les  belles femmes créoles à la peau de lune. Couleurs  intrinsèquement créoles, comme pour projeter dans l’avenir une identité d’origine qu’on veut a tout prix, qu’elle fasse partie de la fierté mauricienne ou pour être plus précis, à en faire un élément de la fierté de l’individu.

L’or de l’ouverture et du colloque organisé le samedi 6 décembre, les conférenciers étrangers venant de la Guadeloupe et de la Martinique ont pus avec les intervenants mauriciens passés en revu la position de la langue créole à Maurice, et dans le monde créolophone. Les représentants du gouvernement ne ratèrent pas l’occasion pour étaler les grandes décisions politiques qui menèrent à la nomination du Morne Brabant comme patrimoine de l’humanité ou encore l’introduction très prochainement de la loi sur l’égalité des chances.

Le dimanche suivant un grand rassemblement, des femmes mauriciennes toutes les ethnies locales confondues, eurent l’occasion de présenter et mettre en valeurs les produits fabriqués  par leurs petites entreprises. Six cents étals occupèrent le terrain de Mont Choisy, tandis que sur la plage se déroulaient  des activités nautiques, ainsi que tournées en catamarans, gratuits pour l’occasion. Un autre numéro de ce festival fut l’organisation d’un spectacle  sous le thème du métissage,  tenu à la citadelle. Pour rappeler ici la culture créole, est plus perméable, offrant une ouverture quasiment acquise à devenir le noyau de la nation mauricienne. La citadelle est une forteresse historique située dans un lieu  surplombant  la capitale Port Louis. Ce lieu a  été aménagé pour accueillir des spectacles. Le métissage c’est l’avenir selon le ministre du tourisme qui a fait allusion au métis Barack Obama, futur président de la plus grande puissance du monde. 

Un peu plus de deux  heures consacrées aux racines de la culture créole, le mercredi 10 décembre sur la plage du village du Morne, à un kilomètre de la montagne patrimoine mondiale de l’humanité. Au menus «  zistwar lontan » ou des « Sirandanes ». Qui consiste à poser des questions par l’animateur au public ! «  Dilo Dormi » ? Concombre  répondit la foule. «  ki serr to papa pa to tantin » ? Réponse,  ceinture, venant de la foule. J’ai été à l’autre bout de l’île pour goûter particulièrement un peu de cet autre bout de moi, de mes racines et de mes origines, rien que pour le séga typique.

Ce festival international créole,  s’est terminé par un grand concert populaire, du samedi soir au dimanche matin. Douze heures durant, plus d’une vingtaine de groupes locaux, des îles voisines, et Lord Kossity le rappeur incontesté  du moment sur le plan international, ont fait vibrer une foule estimé a des dizaines de milliers de gens. Toutes les gammes, et les rythmes de la musique créole y étaient. Du raga créole, du séga, du dance hall du zouk, bref tout ce qu’il faut, pour faire oublier aux créoles leurs misères quotidiennes. 

Après une semaine de festivité, il ne restera que l’heure du bilan, qui dans la forme a sûrement rempli son contrat. Tandis que pour la lutte d’une reconnaissance de l’identité créole, de ses chances à devenir un citoyen à part entière de la république mauricienne, il lui faudra beaucoup plus que trois festivals et on y reviendra encore et encore…. !

Pour l’heure ce n’est pas encore  le festival de Rio de Janeiro.

Son festival… c’est le peuple qui le fait.

Note : Paul. E. François est mauricien et il est engagé dans la lutte pour la promotion et l’émancipation de la communauté créole à l’île Maurice, l’une des plus belles îles du monde.

Voir aussi Commission Justice et Vérité pour l’île Maurice 

CULTURE ET IDENTITE CREOLE : Génocide latent

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