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You Are Here: Home » French Articles » La Communauté Créole de l’île Maurice prise dans le joug des pouvoirs

Par Paul. E. François

 Spécial pour CSMS MagazineS’il est un domaine que les érudits de l’église Catholique sont indiscutablement maîtres de leur sujet, c’est la théologie et l’évangélisation.  Archi structuré dans cette mission de propagation de la foi, qui pénètre jusque dans la conscience même de l’individu, où ce dernier fini par être réduit en des fidèles serviteurs actifs ou passifs, aux grés de l’oligarchie  régnant à la tête de l’institution. Ainsi cette puissance qui rassemble, s’installe au cœur même de la société comme une force sociale.Dans ce deuxième rôle, aucune autre institution n’existe, hormis que celle de  l’église catholique qui  n’a été aussi proche de l’homme, et qui s’est imposait comme  un tel  élément incontournable à travers des siècles dans le façonnement des sociétés. Quitte à  mêler des fois dans des conflits purement politiques.  Dans un passé récent, sur le plan mondial, l’engagement du Pape Jean Paul l l dans une politique tout azimut à faire tomber le régime communiste  Polonais, et porter au pouvoir le chef du mouvement de solidarité Chrétien l’emblématique syndicaliste Lech Walesa. Plus proche de nous à Madagascar la chute du régime  du Président Didier Ratsiraka qui n’a pas résisté non plus  face à l’unité et aux assauts des religions Chrétiennes. Autre événement qui s’était passé chez nous, la manière et la raison pour laquelle le valeureux Père Diar fut renvoyé du pays dans les années 1980.  D’autre part l’église Catholique a le mérite aujourd’hui de tenir tête au politique pour défendre ses acquis matériels et poursuivre dans sa mission d’éducation confessionnelle.S’il  a existé, des actions temporelles s’appuyant sur la force ecclésiastique, qui ont abouti à de grandes libérations des peuples. L’arrivée et la présence du catholicisme en Afrique  qui de part sa durée et  son ampleur à semble  t’il été plus démolissant que constructif sur le plan purement social,  culturel, et  des traditions autochtones. D’ailleurs  les grands spécialistes de l’histoire de l’église  en Afrique considèrent  les Africains comme victimes de cette rencontre avec les missionnaires occidentaux. Qui fera dire aussi par certains sociologues que là où ils ont échoués par les armes dans leur conquête des pays africains, les missionnaires  l’ont réussi  en brandissant la Bible. Ceci dans une stratégie simple et efficace utilisant même les chefs de tribus africaines pour les aider dans la conversion de leurs propres frères.La région de l’océan indien et notre petite île Maurice n’a pas échappé à l’invasion Biblique qui a chevauché de pair avec l’artillerie dominatrice du système esclavagiste et du colonialisme.  L’une des empreintes indélébiles de la présence de l’église Catholique Romaine  chez nous remonte dès l’an 1722 avec l’arrivée des lazaristes,  parmi eux, le prêtre Gabriel Igou dont la pierre tombale a été trouvée et retirée de terre par une heureuse coïncidence l’année dernière. Dans l’article 1er de la lettre patente du 18 septembre 1724, elle démontre clairement une significative entreprise de politique commune de l’autorité servile, et de la religion catholique qui stipule que.. « Tous les esclaves qui se trouvent dans les îles de Bourbon, de France, et autres établissements voisins, seront instruits dans la religion Catholique, apostolique et romaine, et baptisés. »La religion était devenue  un instrument d’injustice impitoyable poursuivant l’esclave jusque dans sa mort et subissant la discrimination de l’article 10 du code noir qui stipulait « Les maîtres seront tenus de faire enterrer en terre sainte, dans les cimetières destinés à cet effet, leurs esclaves baptisés ; et à l’égard de ceux qui mourront sans avoir reçu le baptême, ils seront enterrés la nuit dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés. »            Début donc de la plus terrifiante  opération de  la transformation forcée de l’homme ou son corps subissait le martèlement du  fouet et du martinet et l’esprit l’endoctrinement, d’une religion beaucoup plus complice que compatissante. La chance ne sourit pas deux fois, et la seule et unique occasion de l’histoire qui aurait pu changer la face du destin de ce peuple dominé fut la libération en l’an 1835. Quand les maîtres d’esclaves étaient grassement compensés pour avoir perdu leur meuble de chair et de sang, de leur côté les nombreux esclaves subissaient une libération brutale et indigne, jetés et chassés  hors des domaines sans aucunes ressources. Et, ils entreprirent  comme il le fallait le chemin de la débrouillardise ou faisant de la pêche leur gagne pain. Cette opportunité fut de courte durée, et, c’était mal connaître la ruse de l’empire colonial, qui avec le début de la grande conversion massive des affranchis au Catholicisme  en l’an 1841, voit surseoir jusqu’aujourd’hui l’emprise du pouvoir de cette oligarchie analogue issue d’une aristocratie fondée sur l’esclavage et le colonialisme. Est-ce une ironie ou un paradoxe qu’on célèbre  aujourd’hui le 9 Sept, et, non le 14 Sept. La date d’arrivée  de celui à qui était attribué la charge de la mission des noirs à Maurice étant le 14 Sept 1841.            Les années ont passé, et, les déchets de l’histoire nous montrent une vérité dégradante des descendants d’esclaves dénaturés, dépouillés, aliénés qui luttent comme des damnés de la terre pour survivre au dernier rang des strates sociales. Alors que, la société a connu  des mutations concrètes  sous plusieurs régimes politiques toutefois jamais sans l’église. Laquelle aujourd’hui qui bénéficie d’une subvention  de l’état sur chaque tête de fidèles a évolué en une force autonome, une force collaboratrice et en même temps conflictuel de par son positionnement par rapport aux problèmes sociaux. C’est ainsi que les conflits et les problèmes qui affectent notre société, avancent ou piétinent.   Avec la non reconnaissance constitutionnelle de l’identité créole et tout ce qui en résulte en terme de déchéance,  est un sujet qui ne concerne  pas moins l’état que l’oligarchie de l’église. Les deux pouvoirs sont concernés dans la mesure de leurs responsabilités et de leurs devoirs, l’un politique, et l’autre moral en faveur d’une émancipation citoyenne. La conséquence de cette attitude de  l’église qui se cache derrière un langage plurivoque ou tout simplement pratiquant une hypocrisie acerbe se cantonnant dans un mutisme culpabilisant qui conforte l’état dans un immobilisme aberrant. Cette situation de devoir non accompli ou de droits humains les plus fondamentaux non respectés rend d’une part caduque la laïcité de notre république, et  d’autre part, prive la communauté créole de la  possibilité de  s’épanouir.L’indéfectible allégeance de la masse créole à l’église Catholique, et, face aux contraintes qui  l’enferme dans une enclave de complexités a toujours été un obstacle à la communauté  d’évoluer en une force sociale autonome, par défaut elle se complait  dans cette attitude paternaliste et de la sollicitude de l’église. L’individu créole est donc devenu un être assimilé complètement en une conscience  religieuse chrétienne  subissant ainsi les conséquences de sa propre fidélité à une cause qui ne répond pas directement aux  exigences qui lui sont propre. D’autre part s’il est fort louable que l’état offre un lopin de terre a un groupe socioreligieux  spécifique et minoritaire de l’église catholique, cela nous laisse avec un goût d’amertume de  disparité au détriment de la communauté créole majoritaire au sein de l’église, où tout simplement, à travers cette action se dessine une tentative politique visant à diviser l’électorat catholique.            Dans ce jeu de pouvoirs, et face à ce nouvel ordre de développement économique et social, nul ne peut plus vivre des petits métiers, nos lagons  ne sont plus productifs, et, dans le contexte économique actuel  nos usines sucrières ont du jeter du lest en faisant de cette dernière génération d’artisans des victimes  expiatoires d’une économie de survie. Le pouvoir d’achats de plus en plus impitoyable plonge d’avantage les plus pauvres dans le gouffre de la misère. Il est impérieux aujourd’hui que l’église aille à la recherche d’autres moyens de lutte  progressiste et adaptable au contexte mauricien. La théologie de libération qui est un mouvement social et religieux propre à l’église Catholique universelle est destinée à un engagement religieux par des actions politique dans la lutte contre la pauvreté semblerait être la solution idéale pouvant favoriser une lutte de classe purement socialiste. Pour relever ce défi ! Il faudrait toutefois à l’institution religieuse sortir de son hypocrisie et trouver le moyen nécessaire de se défaire d’une certaine logique capitaliste.Pour reprendre une citation de l’Archevêque, Oscar Romero  assassiné  le 24 mars 1980 « Une église qui ne s’unit pas aux pauvres et, à partir d’eux, ne dénonce pas les injustices commises contre eux, n’est pas la véritable église de Jésus Christ »             Outre de cela, la communauté créole dans son ensemble n’a pas de choix, où, elle demeure… Marginale de la société mauricienne, où, elle prend résolument en main  la voie de son propre destin. Pour cela il ne lui reste qu’à se laisser envahir par un torrent de conscience  pour sortir de l’ignorance, pour qu’elle rejette enfin tout discours qui l’attache à sa propre souffrance et surtout à très brève échéance de faire valoir… Son poids électoral.Voir aussi Haïti – Culture : Unité idéologique, politique dans les écrits et dans les actions chez Jacques RoumainPrésentation de Gouverneurs de la RoséeLE VERRE DU SOUVENIRNote : Paul. E. François est mauricien et il est engagé dans la lutte pour la promotion et l’émancipation de la communauté créole à l’île Maurice, l’une des plus belles îles du monde. Il est notre nouveau collaborateur.

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