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Friday, June 24, 2022

LE VRAI PRESIDENT ?

Par Quisqueya Spécial pour CSMS MagazineNicolas Sarkozy, malgré son élection dimanche dernier, reste pour beaucoup l’un des éléments les plus énigmatiques dans l’histoire de la politique française. Aristocrate et arrogant, il ne restera pas longtemps avant que beaucoup de son électorat prennent conscience de cette erreur strategique qu’ils ont commis en lui votant à la première magistrature de l’ Ètat. Dans cet interessant article, Quisqueya, nôtre amie de Paris, nous fait le portrait de cet homme que beaucoup dans les médias européens n’hésitent pas à lui califier « d’ égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, et même brutal. »La France vient de choisir démocratiquement son président pour cinq ans. Son nom résonne partout en bien ou en mal. En effet, il est le sauveur de certains; disons pour être juste de la majorité des Français. Pour d’autres, il est un danger public. Sauveur pour plusieurs raisons notamment parce que la Gauche (Parti socialiste) n’arrive plus à séduire les Français, parce que la France est malade, parce que Sarkozy va sans doute délivrer celle-ci de cette « peste coriace » qu’est l’immigration et va relancer l’économie du pays.On ne sait donc pas en réalité qui est notre président ou du moins, l’image que l’on a de lui n’est pas très exacte, disent certains.[1]Mais aussi étrange que cela puisse paraître, il a obtenu plus de 53% des votes , 53,06% pour être juste. Autrement dit, les Français ont décidé de lui faire confiance et cela sans retenue. En effet notre Président a deux sortes d’électorat : ceux qui l’adulent et ceux issus de l’extrême droite qui ont voté pour lui à 66% parce que Jean Marie Lepen, leur seigneur, a été élimé au premier tour.Parlons un peu de ces électeurs d’extrême droite. Qui sont –ils ? Ils sont ceux qui croient que la France ira mieux sans l’Europe, ceux qui pensent que l’immigration zéro doit être établi, ceux qui veulent instaurer en France de façon légale du moins le système de la préférence nationale et qui prônent un nationalisme poussé. Ils sont ceux qui n’aiment ni les Noirs, ni les Juifs, ni les Arabes, les étrangers en général et qui en même temps se défendent d’être racistes…Ils sont aussi ceux qui croient en Jean-Marie Lepen, le candidat contre lequel La France a fait front en 2002 et permettant ainsi à Chirac d’être réélu.Ce Jean Marie Lepen célèbre pour des phrases telles que, en parlant des chambres à gaz « Je n’ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde guerre mondiale », qui ajoute en parlant des personnes atteintes du sida « Les sidaïques en respirant du virus par tous les pores , mettent en cause l’équilibre de la nation.( …) Le sidaïque , si vous voulez , j’emploie ce mot là , c’est un néologisme, il n’est pas très beau mais je n’en connais pas d’autres, celui là , il faut bien le dire est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux si vous voulez ».N’importe qui, par ces quelques mots, peut comprendre qui est ce monsieur sans qu’on ait besoin d’en dire davantage. D’ailleurs, ces nombreuses condamnations pour « antisémitisme insidieux » en mars 86, pour apologie de crime de guerre, avec l’édition d’un disque à la gloire du nazisme et d’Hitler lui même en 86, pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale en 87 etc. témoignent explicitement du caractère de cet individu.Les électeurs qui ont voté contre Sarkozy représentent un pourcentage de 46,94%. Ce sont ceux qui veulent une France sociale, une France humaine, une France accueillante, une France tolérante…Mais aujourd’hui, les Français ont voté pour le changement et voient en Sarkozy un avenir certain, à tort ou à raison.Mais qui est donc Nicolas Sarkozy ? Selon une certaine presse, Nicolas Sarkozy n’est pas celui que l’on croit et elle nous peint un tableau assez critique du Chef de l’Etat.[2] En effet, le magazine Marianne[3], nous dessine un portrait qui fait peur, très peur, à vous d’en juger.Sarkozy est né le 28 janvier 1955 de Paul Sarkozy de Nagy-Bocsa, aristocrate hongrois exilé en France devenu publicitaire, et de Andrée Mallah, avocate. On dit que sa famille ayant collaboré avec les Nazis a dû fuir leur pays afin d’échapper au jugement des collaborateurs.Le magazine Marianne le qualifie de « candidat des plus riches ».[4] De plus, il ajoute « Pour la première fois depuis quarante ans, un candidat pas celui que l’on croit et dont on fait, un peu artificiellement, un absolu épouvantail a employé un ton et des arguments qui rappellent furieusement (le mot est bon) la façon dont l’extrême droite d’avant guerre et les staliniens d’après-guerre poussaient le terrorisme intellectuel et verbal jusqu’à nier la légitimité, l’humanité même de leurs concurrents ainsi diabolisés… ».[5]Dans Philosophie Magazine, Sarkozy a fait savoir que selon lui, la pédophilie et le suicide sont d’origine génétique, autrement dit, ils seraient écrits dans nos gènes. De cette façon, l’éducation et même l’intervention divine ne peuvent rien y faire? Que faire donc de telles personnes puisque l’on ne peut pas les éduquer et qu’elles sont génétiquement programmées pour être des criminels? N’est-ce pas là la reprise du concept eugéniste du gène du crime? Il faut souligner que pendant une dizaine de jours la presse n’a pas réagi fasse à de tels propos. Or si Lepen ou quelqu’un d’autre avait eu le malheur de dire de telles choses, les médias auraient vivement réagi.On décrit Nicolas Sarkozy comme un personnage qui fait peur, qui a des réactions brutales. Par exemple, il n’a aucune retenue lorsqu’il s’agit d’insulter ses conseillers ou animateurs de campagnes, ou quiconque osant lui faire la plus petite des critiques.[6] Ainsi, il annonce à Azouz Bégag qu’il va lui « casser la gueule », qu’il est un « connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin » parce que ce dernier a dit « je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy ». Par ailleurs c’est le genre de personnage capable d’appeler le propriétaire de Libération pour lui dire : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! ». Considérant que France trois l’a mal reçu, il prévient que « si je suis élu, je vous ferais tous virer ! ». « Evoquant certains de ces adversaires, il prévient, carnassier : « je vais tous les niquer. Les niquer ! ». Il annonce à un industriel qui a eu le malheur de ne pas lui plaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! »Espérons pour ces malheureux qu’il n’en pensait pas un traître mot et qu’il a fait ces fameuses annonces sous le coup de la colère.On reproche aussi à monsieur Sarkozy ces liens trop étroits avec les patrons de grands groupes de médias tels que Lagardère qui gèrent entre autre la chaîne de TF1. Certains journalistes appréhendent de ce fait l’élection de Sarkozy à la présidence. On évoque dans ce contexte « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias », une journaliste de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkoziste.» Notons que ceux ou celles qui le critiquent refusent de se dévoiler.Ce n’est pas le cas des journalistes étrangers, fort heureusement qui eux, ne se laissent pas intimidés.Le Süddeutsche Zeitung de Munich le voit comme « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens » et un autre journal allemand voit en lui « l’homme politique le plus ambitieux et le plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple ». Bref, la plupart des journaux européens voient en lui une menace pour la démocratie.Même si on pouvait reproché à Marianne de ne pas être tout à fait objectif, on peut toutefois voir que les journalistes ont parfois une façon bien étrange de parler de Sarkozy. Ainsi avant le débat opposant les deux candidats du deuxième tour l’Express a deviné que « Sarkozy : il gardera son calme ». L’attitude de l’Express révèle deux choses, premièrement que Sarkozy a dû mal à se contrôler, ce qui est vrai et que deuxièment, il est étrange que ce magazine anticipe la réaction de Sarkozy, et cela avant le débat, d’ailleurs, contre toute attente, il a gardé son calme et a très bien joué la comédie.Certains de ceux qui ont l’habitude de le côtoyer dans la vie politique et qui font partie de son camp ont aussi une image négative. Jacques Chirac aurait déclaré que lui confier le pouvoir c’est « comme organiser un barbecue en plein été dans l’Esterel ».Le ministre François Goulard pense que « son égotisme, son obsession du moi lui tient de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. Chirac lui a le soucis des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5% qui voteraient pour lui ».Mais le problème étant que l’on ne peut dire que de bonnes choses à propos de cette personne, comment donc saurait-on qui il est? Vous vous demandez sans doute pourquoi? Eh bien, il a de très bons amis dans le monde des médias, dans le monde économique et financier. De plus, son programme semble favoriser les plus riches. De ce fait, ces derniers l’adulent et on sait que l’argent permet de faire beaucoup de choses, même cacher des choses primordiales qui devraient être révélées.Jean-François Probst avance que : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens »…Des hommes politiques anonymes déclarent qu’il y a « de la graine de dictateur chez cet homme –là », « qu’il a un problème de nerfs, de paranoïa », « qu’il n’est vraiment totalement humain que quand il s’agit de lui ».Le livre de Catherine Nay favorable à Sarkozy peint à la fois un grand homme mais aussi un homme doté d’un « portrait psychologique extraordinairement préoccupant » selon Marianne. Il déclare à l’auteur : « C’est vrai, (…) j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal…Mais j’ai changé ! ».Allez donc vérifier qu’il a changé. Il suffit de l’écouter parler, de l’examiner et d’ouvrir un livre d’Histoire pour comprendre que non seulement il n’a pas changé mais que ces propos ont quelque chose de malsain.Marianne atteste que « cet homme, quelque part est fou! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs ».Un député UMP déclare que « On dit qu’il est narcissique, égoïste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout ce qui ne renvoie pas à lui-même… ».Il apparaît comme quelqu’un qui ne sait pas se contrôler mais qui veut tout contrôler, un personnage égocentrique qui ne pense qu’à lui. Il accuse les autres de faire ce que lui-même il prend du plaisir à accomplir, bref, seul Sarkozy compte.Mais une question demeure : pourquoi ce magazine nous a t-elle fourni ces précieux éléments qu’au dernier moment ? Ne fallait –il pas les diffuser bien avant le commencement de l’élection présidentielle puisque les médias semblent protéger Sarkozy afin de permettre à chacun de se faire une opinion sur le candidat. Marianne nous a peut-être rendu service, mais un peu tard.La victoire de Sarkozy a enchanté ses partisans, cela va de soi mais l’opposition s’est aussi exprimée à sa manière. En effet, certains jeunes de banlieues parmi ceux qui ont été qualifié de « racaille », qui ont été menacés d’être « nettoyés au kärcher » par Sarkozy, et d’autres personnes ont hurlé leur déception en cassant voitures et infrastructures tout en provoquant les forces de l’ordre. On peut s’attendre à ce que la France fasse beaucoup parler d’elle pendant les cinq prochaines années.Note : Quisqueya est journaliste vivant en Europe. Elle a écrit cet article en exclusivité pour CSMS Magazine. Voir aussi The conservatives are poised to retain the Elysée Palace in France


[1] Marianne n°521 du 14 au 23 avril 2007, « Le vrai Sarkozy, ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler ».[2] Voir note 1[3] Magazine d’information hebdomadaire crée par Jean-François Kahn et Maurice Szafran en 1997. Il combat ce qu’il nomme la « pensée unique ».[4] Marianne 7 mai 2007, Maurice Szafran « Une victoire politique ,bien sûr. Mais avant tout un triomphe idéologique… ».[5] Marianne-en-ligne.fr, 13 avril 2007, Jean-François Kahn, « Cette semaine, un numéro vérité de Marianne ».[6]Les citations et références qui vont suivre sont tirées du magazine Marianne en date du 14 au 20 avril 2007

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