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You Are Here: Home » French Articles » Haiti autrefois la plus riche nation du monde!

Par Obed Rémy

Special à CSMS Magazine

Selon Démesvar Délorme dans son ouvrage “Réflexions diverses sur Haiti” paru en 1873, notre pays expédiait annuellement à la métrople française, à l’époque de la Révolution, 1, 808, 406, 000 livres du sucre, 68, 152, 000 livres de café, 1, 808, 700 livres d’indigo, 1, 978, 800 livres de cacao, 52, 000 livres de roucou, 6, 900, 000 de cotton, 14, 700 cuirs, 6, 500 livres d’écaille, 22, 000 livres de casse, 11, 286, 000 livres de bois de teinture.

Plusieurs autres produits ou matières premières, comme cire, tabac, sirop, tafia, bois d’ébénisterie, dont les quantités sont diversement évaluées par les statistiques, le tout s’élevant, à une somme de 265, 200, 000 francs, c’est-à-dire plus de 53 millions de piastres (en 1873).

A cette valeur s’ajoutent les productions que la colonie réservait pour son commerce particulier avec les côtes de l’Amérique centrale, notamment avec le Mexique; avec les îles voisines, comme Curaçoa et la Jamaïque: et surtout avec les Anglais, qui même au milieu des guerres de la France avec la Grande Bretagne au XVlllème siècle, y avaient sur certaines côtes éloignées des villes, des rendez-vous où ils faisaient des échanges considérables avec les colons.

Il faut, en outre, pour former le total de cette production annuelle d’Haiti, pour porter en ligne de compte les produits employés par un grand nombre de planteurs à leurs affaires clandestines et très étendues avec les Américains du Nord, qui allaient, dans de petits ports isolés, débarquer des bestiaux, des farines, leurs poisons sales, des bois de construction, qu’ils débitaient, en hate sur la côte. Ils y embarquaient en échange, chaque année, plus de 50, 000 barriques de sirop, du sucre, du café, et une fort grande quantité d’autres denrées tenues en reserve pour ce commece interlope.
Ces exportations s’élevaient à un chiffre à peu prés égal à celui de notre relation régulière avec la métropole, et mettent ainsi à un demi-milliard de franc la production totale d’Haiti en ce temps là. Avant 1789, c’est-à-dire à une époque ou Haiti n’avait pas encore atteint le degré de prospérité qui vient d’être constaté, la marine marchande de France employait annuellement à ses chargements dans les possessions françaises d’Amérique 502 navires de fort tonnage, et en tirait une importation générale de 126, 378, 155 livres, 18 sous, 8 deniers.

De ces 562 navires, 353 chargaient dans les seuls ports de Haiti; et dans cette valeur totale d’importation de produits coloniaux dans la métrople, les trois autres colonies qui y contribuaient ne figuraient ensemble que pour une faible partie, pas même pour un tiers : la Martinique, pour 18, 975, 404, livres, 1 sous, 10 deniers; la Guadeloupe, pour 12, 751, 404 livres; 16 sous, 10 deniers; et Cayenne, pour 488, 598 livres, 3 sous, 3 deniers.
Haiti à elle seule donnait donc à la France outre ce qu’elle gardait pour son commerce intercolonial, les neuf douzièmes de cette prospérité d’outre-mer dans le nouveau monde. Les richesses étonnantes de Haiti étaient produites par 792 sucreries, 2, 587 indigoteries, par des plantations comprenant ensemble 24, 018, 336 cotonniers, 197, 303, 365 cafiers, 2, 757, 591 pieds de cacao; et le capital de ces établissements s’élevait à une valeur de 1, 487, 840, 000 francs. Outre ces industries agricoles et ces cultures destinées au commerce, Haiti avait en même temps, pour son alimentation ou pour son traffic avec les îles voisines, qu’elle approvisionnait, 7, 756, 225 bananiers, 1, 178, 229 fosses de manioc, 12, 734 carreaux de terre plantés en tubercules divers : ignames, patates, etc..; 7, 046 en millet, près du double en riz ou maïs, et tout le reste de ce qu’on appelait les places ou jardins, en fêves, legumes et arbres fruitiers. 

Le pays nourissait 95, 958 chevaux ou mullets, et plus de 250, 000 boeufs, moutons, chèvres ou pourceaux. Diverses industries s’exercaient sur un bon pied à côté de ces travaux agricoles : il y avait dans la colonie 26 briqueteries et tuileries, 29 poteries, 182 distilleries ou guildives, 370 fours à chauz et 6 grandes tanneries dans le Nord. Aucun pays sur la terre, toutes proportions gardées n’était aussi riche que Haiti. Aucun n’offrait une existence plus facile, plus commode, plus agréable. Mais cette prospérité splendide était déshonorée par l’iniquité de l’esclavage…..

Note: Obed Rémy est écrivain. Il vit à Maryland.

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