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Par Amel Baudelin

 

CSMS Magazine

Les oliviers représentent l’âme de Kabylie, un socle de son identité, on ne peut pas imaginer les maisons kabyles sans les cruchons pleins d’huile d’olive, il y’a une complexité incompréhensive entre les montagnards et les oliviers, on sent cet amour atavique, cet attachement très fort entre ces simples paysans et les olivettes, l’huile d’olive est un élément de base, un pivot pour la pharmacopée traditionnelle, c’est un remède pour toutes les maladies que l’on puisse imaginer, l’huile d’olive est bonne pour la santé. Comme elle peut soigner les maux du corps, elle soigne aussi les âmes, la présence de ce trésor dans les ménages kabyles, éloigne les mauvais Esprits.

        Ce trésor est magique, et cette magie, on la sent en dégustant les repas Kabyles, c’est cette présence qui fait chanter les cœurs et les murs des maisons, elle est magique car elle est cette force qui nous lie à nos ancêtres, qui nous rapproche d’eux, qui réduit tous ces siècles qui nous séparent d’eux, elle est magique, car elle nous fait voyager dans le temps, à l’époque ou il y avait de la solidarité, ou il y avait le vrai parfum de la vie, lorsque les gens étaient satisfaits de leur petit confort.

       En automne  le chef de la famille va nettoyer l’oliveraie, enlever toutes les repousses et les drageons qui vont cacher les olives, le ramassage débute en hivers, malgré l’agressivité lie au froid de la saison, qui essaye de freiner le travail des paysans, ces derniers ne s’arrêtent pas, ils continuent avec un cœur très chaud en voyant toutes ces olives, qu’ils vont transformer en l’huile  avec toutes ses valeurs spirituelle, et nutritive.

     La cueillette d’olives  concerne toute la famille, souvent les femmes sont obligées de préparer le repas le soir pour le lendemain, tout le monde part en champs, c’est le grand jour, ou tous les membres se rassemblent pour une même tache, en arrivant au champs, la première chose à faire c’est d’allumer le feu, pour chauffer le repas , et pour se chauffer, surtout les petits enfants. Les hommes secouent les branches, et les femmes ramassent les petites boules noires, les enfants donnent un cou de main puis courent partout, et découvrent la nature,  la plupart du temps au lieu de ramasser les olives, ils ramassent des glands provenant des chênes avec lesquels  nous préparons une sorte de galette et leurs rires brisent le silence de l’hiver.

      Les femmes aussi n’aiment pas trop le silence, elles préfèrent chanter les vieilles chansons d’amour, de nostalgie, qui  ravivent parfois même les ancêtres….

     A midi, toute la famille se rejoint autour du feu, pour manger. La chose la plus incroyable, c’est le repas qui prend un gout exceptionnel, les enfants qui n’aimaient pas les légumes surtout les oignons, ici ils mangent tout avec un appétit avide, c’est extraordinaire.

      La cueillette d’olives est connue par la solidarité, et d’entraide  que l’on appelle TIWIZI, la famille qui termine la première, donne un coup de mains aux cousins, et aux voisins. Puisque l’hiver, est dur et long dans les champs, les gens s’entraident pour rester le minimum du temps dans les oliveraies, de plus les journées sont très courtes, donc c’est la course contre la montre, tout le monde travaille, tout le monde participent.

    C’est formidable pour le transport des sacs plein d’olives, on utilise soit les ânes si le moulin n’est pas loin, sinon un camion. Certains paysans sont restés fideles, ils portent leurs olives  dans des moulins traditionnels, avec une meule en pierre, et une presse en bois, tiré par un cheval qui triture les fruits, qui marche avec la cadence d’un cheval fier.

     Tout le monde a hâte de gouter la première huile de son champ, une huile jaune qui brille, qui a un gout qui te rend heureux, comme c’est merveilleux.

        L’huile d’olive de Kabylie est classée parmi les premières l’huile au monde, elle est sans adjuvant, elle est donc pure, les paysans n’utilisent pas d’engrais, ni de pesticides, elle est donc biologique, elle n’a rien à voir avec l’huile qu’on trouve dans les supermarchés. Huile d’olive de Kabylie est toute une culture d’un peuple, que l’on doit préserver, et faire en sorte que ce peuple puisse encore pendant longtemps perpétuer cette tradition.

Note: Amel Beaudelin est algérienne. Elle est notre nouvelle collaboratrice. Elle vit et travaille à Monastir, Tunisie.

Voir aussi Berbères ou Imazighen 

Un mystère naturel

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