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Par Amel Baudelin

CSMS Magazine

Les bijoux  Kabyles ont voyagé dans le temps depuis l’antiquité jusqu’à aujourd’hui, le secret de fabrication est transmis fidèlement de père en fils, l’amour et la fierté de les porter de mère en fille.  On ne peut pas imaginer la robe kabyle sans ces bijoux en argent qui se marient incroyablement, ils ont les mêmes couleurs, qui donne à la  femme l’image d’une fleur sauvage qui attire par sa beauté, et se respecter par sa fierté. Ces bijoux jouent un grand rôle dans la société kabyle, d’ailleurs ils font partie de la dot de la jeune mariée depuis longtemps, le fait que la robe de mariage moderne ait remplacé la robe traditionnel le jour du  Mariage. Elle reste indispensable le jour ou la mariée sort pour la première fois de chez son époux. Pour cela elle doit mettre la robe kabyle ornée des bijoux en argent. Elle doit effectuer le tour du village et visiter les lieux sacrés ou  sont enterrées des personnes saintes, afin que leurs esprits veillent sur elle et sur son foyer.

      Je pense que l’artisan réussit ses créations, car il songe non seulement à la beauté de la nature qui l’entoure, mais aussi à la beauté de la femme qu’il aime, en exprimant ses sentiments à chaque geste réalise, à chaque gravure, et filigranes, à chaque pierre de corail enchâssé, ce travail traditionnel est un art qui demande beaucoup de patience, et un doigté d’exception.

      La tribu d’Ath Yenni est très connue par ses bijoux en argent émaillés. On dit qu’autrefois, le savoir faire était préservé jalousement au sein des familles. Pour cela elles se mariaient qu’entre elles. Cette tradition a disparu avec le temps. Il reste quelques artisans qui  apprennent aux jeunes ce métier ancestral pour les aider à construire leur avenir,  pour donner un nouvel élan pour cet art, qui joue un rôle important dans l’économie de la région. Le préserver comme un héritage précieux que l’on doit laisser a nos enfants.

      Ath yenni est située à 150km à l’est d’Alger et à 35km au sud est de la wilaya  De Tizi-Ouzou, elle regroupe sept villages  éparpillés sur une colline comme des perles d’un collier autour du cou d’une femme. Le village d’Ath larbaa est le plus grand et le plus réputé par sa bijouterie qui a même dépassé les frontières. La beauté des bijoux d’Ah yenni fait rêver et chanter des poètes. Attire les touristes, et fait la fierté de la commune. Pour cela elle organise avec l’aide des associations culturelles et artisanales chaque année : La fête de bijoux au mois de juillet. Pour permettre aux gens de découvrir ces magnifiques bijoux  pour acheter et encourager ces mains magiques qui transforme le métal brut en magnifique beauté. Cette fête n’est pas juste limitée aux bijoux kabyles d’Ath Yenni,  on trouve également des créations d’artisans dans d’autres domaines et d’autres régions comme Tamanrasset.

       La particularité des bijoux kabyles est la présence d’émaux teints, avec des couleurs différentes inspirées de la nature : le bleu qui symbolise le grand ciel représentant l’espoir, le jaune est le soleil qui inonde de sa lumière et de sa chaleur puis le vert  symbolisant la nature environnante  source de  nourriture et de  vie. Enfin le rouge éclatant du cabochon en corail sertis. L’émail est une poudre composée de plusieurs éléments tels que le potasse, le sable…etc. , et pour le teinter on doit utiliser des différents oxydes comme l’oxyde de chrome pour le vert, et l’oxyde de cobalt pour le bleu…etc. . A la température élevée l’émail se vitrifie et donne aux bijoux cet aspect brillant avec des couleurs vivantes.

      Les bijoux kabyles sont grands et lourds. Dans une parure on trouve le diadème (thassabt) qui est la couronne  destinée  a orner le front  des jeunes mariées. Il est rare de nos jours. Fabriqué qu’à la demande, les chevillières (akhlkhal) qui peuvent atteindre treize centimètres de haut, des fibules qui se fixent sur l’étoffe par un ardillon à l’intérieur duquel coulisse un anneau, des bracelets avec des dimensions différentes, des colliers, des bagues et des boucles d’oreilles.

      Les bijoux kabyles sont appréciés par toute personne ayant eue la chance de les découvrir de se les procurer et de les porter. Ils donnent à la femme une beauté particulière et magique, la fragilité d’une fleur des champs, la force du métal pur, la douceur de la soie. Ils vous ensorcellent et vous font voyager dans l’histoire. Ils vous font également connaitre  la vie d’autrefois, la vie d’autres générations qui peut être n’ont pas su transmettre leur culture.

Note: Amel Beaudelin est algérienne. Elle est notre nouvelle collaboratrice. Elle vit et travaille à Monastir, Tunisie.

Voir aussi Berbères ou Imazighen 

Un mystère naturel

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