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Par Paul. E. François

 

CSMS Magazine

Qui ne connaît pas le Reggae ! Une musique  profondément inspirée de la culture jamaïquaine, ayant pour créateur un certain Bob Marley. Incontournable personnage de cette création musicale, aux rythmes saccadant, qui même après sa disparition, n’a rien perdu de son envoûtement, de sa révolte ou de son échappatoire. Le Reggae porte aussi en lui comme une enzyme génératrice qui permet à d’autres genres de musiques d’emprunter ces notes, ou sinon, comme une voie toute tracée  pour marcher sur les pas messianiques de l’inégalable Bob Marley. C’est ainsi que s’intègre  d’autres styles et d’autres cultures musicales, comme des drageons du reggae. 

Mo la misik sega

Mo pe fer li seggae ye ye

Sa mo la misik seggae

 

Mo pe fer li enn revendikasyon la misik morisyenn.

Ainsi l’introduction du seggae de Joseph Reginald Topize, plu connu sous le nom de kaya. Notre Rastaman mauricien, qui osa défier les règles établis du séga traditionnel, pour faire son seggae. Si au fond le seggae est une musique revendicatrice de l’existence du clan Rastafarai, qui réclame leur part de l’histoire du pays. C’est toutefois avec des  textes qui sortent de l’originalité, de la réalité mauricienne, allant des messages d’amour, à des dénonciations d’injustices ; Ou chaque phrase est lancée comme des slogans à la face de la société. C’est ainsi que le seggae a conquit le public et forger sa place dans l’univers culturel mauricien. Depuis  son apparition, Kaya et son seggae n’a cessé de conquérir les podiums et fait danser des foules. Irrésistible Rastaman sur scène. Aucune manifestation musicale de la région ne se passait sans le seggae et son maître. Et pourtant, L’homme menait une vie simple, forcément, comme tout les marginalisés. Et surtout ceux qui comme lui s’affirmaient et qui  portaient fièrement les dreadlocks. Il était au summum de sa popularité et caresser le rêve de se produire à côté des grands du reggae, au zénith  a Paris. Entre l’ambition et le destin il existe des fois, un intrus qu’on appelle, l’ironie du sort.

     Le 21 février 1999, kaya, est découvert  mort dans sa cellule,  à 5.30 du matin ou il était  enfermé pour sa reconnaissance, d’avoir fumé du gandia sur le podium, lors d’une manifestation en faveur de la dépénalisation de cette drogue. Mais  le destin a décidé qu’il nous quitte  ainsi ; alors qu’il était aux mains de ces  geôliers, censés le protéger dans la prison de l’alcatraz. Bien avant que la nouvelle de sa mort ne tombe sur les ondes, le bouche à oreille et pour des raisons politiques la colère avait déjà gagné la rue. Roche Bois banlieue de la capitale de Port-louis, lieu de prédilection du seggae, les gens descendirent dans la rue pour exprimer leur colère ou pendant toute une nuit,  ce  fut l’affrontement, entre émeutiers et forces de l’ordre faisant un mort et plusieurs blessés. Les jours suivants, les émeutes s’étendirent dans d’autres régions du pays, avec des scènes de pillage des magasins, des super marchés, des postes de police saccagés et des maisons incendiées.

     Il s’en est fallu de peu, que le pays bascule dans une guerre ethnique, tant la tension était grande et la rumeur à relent communal avait fait son chemin. C’était mal connaître, la lecture de la situation ou l’interprétation que pouvaient donner certains à l’expression de cette colère des gens de la rue, tout cela agrémenté quelque part du désir machiavélique de certains à vouloir en profité, pour  déstabiliser politiquement le pays. Le bilan de ces tristes événements, que le temps s’en ai chargé pour nous le faire oublier, a coûté à l’économie mauricienne   plusieurs millions de roupies.

     La mort dans de telle condition, de ce personnage emblématique du seggae et par les troubles qui s’ensuivirent, nous ont démontré la fragilité d’une société faites d’injustices et d’inégalités, et surtout, les susceptibilités d’une société multiculturelle.

     Dix années déjà dans l’escarcelle de la contribution du ce phénomène musical, et le seggae, apogée fièrement comme un sceau, à l’insigne de l’identité des rastas qui s’est affirmé davantage. Avec recul, force est de reconnaître l’avancée, la contribution du seggae dans le paysage culturel et musical mauricien. La valeur littéraire des textes écrits en créole par kaya, a définitivement démontré la richesse de cette langue comme moyen d’expression, et sa capacité unificatrice sous sa forme musicale.

     Kaya, cette étoile brillante, qui s’est éteint au crépuscule du matin du 21 février 1999,  nous a laissé des notes de musique scintillante de sa guitare,  des mots meurtris par les éclats de sa voix, comme une poésie universelle, que les générations à venir s’en souviendront  encore longtemps. Ce chemin de Lumière qu’il a emprunté, il l’avait tracé de sa plume et que  bien des fois, la foule en délire entonnée avec lui.

Refrain

Sa mem simin tonn  montre mwa

Sa mem simin ki mo pou passe

Sa simin la li al labamem

Sa mem simin ki mo pou passe                       

Sa mem simin ki to finn donn mwa

Sa mem simin ki meyer pou passe

Sa simn la simin lalimiyer

Sa mem simin ki mo pou passe

Mo konsey , ki viv dan lalimiyer

Li kouma soley, ki pe leve gramatin

So sagess ki nou bizin pe swiv

Devwar riss , bizin fann la risess

Devwar pov, bizin ena lonette

Refrain

Mo la vie liti dan marenwar

Depi zanfan, mo pa konn lalimiyer

Azordi, mo pe aprann lalimiyer

La mo finn deside, pou montre tou dimoun

Montre mwa ki sann la pe fer la sarite

Dir ki sann la, pe anvi fer linite

Montre mwa ki sann la pe fer la verite

Simin la lalimiyer li pou leternite

Simin la lalimier ki bizin passe

Sa mem simin ki mo pou pase 

Chapeau l’artiste ! L’immortalité de tes textes, c’est comme la victoire du destin sur l’ironie du sort…

Note : Paul. E. François est mauricien et il est engagé dans la lutte pour la promotion et l’émancipation de la communauté créole à l’île Maurice, l’une des plus belles îles du monde. 
Voir aussi L’ESCLAVAGE A L’ILE MAURICE: Rempart contre l’oubli

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