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You Are Here: Home » French Articles » POUR LEUR PROPRE SÉCURITÉ LES GRANDES PUISSANCES DOIVENT AIDER LE PEUPLE HAÏTIEN

Par Gérald Bloncourt

Spécial pour CSMS Magazine 

La gigantesque catastrophe qui s’est abattue sur Haïti, a bouleversé la conscience Mondiale. Elle a mobilisé des millions d’être humains de toutes les races, de toutes les cultures, de toutes les croyances, dans un élan de générosité sans pareille. Mais ce n’est pas uniquement un question de solidarité envers les malheurs de notre peuple. Cela va bien au-delà. Il s’agit d’une menace immense qui pèse sur l’ensemble de notre planète.
            Haïti est située au centre d’un dispositif de la maffia internationale qui y a déjà des bases solides. Les trafiquants de toutes sortes, notamment ceux de la drogue y sont depuis des décades, solidement établis.

            Si les secours se contentent de saupoudrer leur aide, sans éradiquer le chaos actuel, le pays deviendrait la proie de tous ceux-là qui tiennent à travers le Monde, la dragée haute à tous les Etats qui se réclament de la Démocratie. Haïti deviendrait une base pratiquement inexpugnable, entre leurs mains. Il y va de l’intérêt majeur des grandes nations, en premier lieu, de se protéger contre cette menace.

            Haïti est un peuple né d’une grande Histoire. La première nation à sêtre libérée victorieusement de l’esclavage. Lié aux grands espoirs de la Révolution Française, à ses idéaux de Liberté, Égalité et Fraternité et aux grands principes des Lumières : « Les Hommes naissent égaux? »

            Depuis son indépendance en 1804, notre pays a vu son économie handicapée par une dette de 15 milliards de franc or imposés par la France, qu’elle a dû régler jusqu’au derniers centimes. En 1917, les ETATS-UNIENS, profitant de la guerre mondiale qui occupait les peuples d’Europe, ont fait main basse sur notre pays, sur Cuba, la République Dominicaine, sur Panama, sur Porto-Rico, imposant leur diktat. Ils se sont accaparés des réserves d’or de notre banque nationale et ont inféodé la gourde aux dollars. L’occupation de notre pays par les Etats-Uniens commencée en 1915, s’est achevée en 1934. Les forces armées US ont du se retirer, mais notre économie est restée sous leur contrôle ainsi que le pouvoir politique exercé par des valets à leur solde.

            En 1946, nous avons tenté de nous libérer de cette domination. « Les Cinq Glorieuses de janvier 1946 »  ont mis à bas le pouvoir despotique d’Elie Lescot. Mais une junte militaire soutenue par les Américains s’est emparée des rennes et une violente répression a suivi. Expulsé de ma terre natale, j’ai pu rejoindre la France.

            Contre la dictature guignolesque des Duvalier, nous avons mené d’incessantes campagnes : Grève de la faim à St-Merri, Conférence de Panama, Comité pour juger Duvalier.Il est toujours en France, jouissant de toute sa liberté et des millions escroqués. Le bilan : 60.000 patriotes assassinés. Des milliers de cadres, d’écrivains, de médecins ont dû fuir le pays. Quatre millions d’Haïtiens et d’Haïtiennes sont actuellement hors du territoire national.

            Les Duvalier ne se sont pas maintenus au pouvoir impunément durant 30 ans, sans le soutien des Grandes puissances. La France aussi, qui a formé à Melun, dans un Centre de la Gendarmerie Nationale, les officiers macoutes, responsables des terreurs qui ont écrasé notre résistance. Lorsque Sarkozy parle de l’amitié qui unit nos peuples, que fait-il des sans-papiers, raccompagnés à la frontière ? Que fait-il de la présence de Bébé Doc dont les gouvernements français n’ont pas voulu du procès, qui coule des jours paisibles sur le territoire de « la patrie des Droits de l’Homme ».

            Si une partie des élites haïtiennes a dû fuir le pays, d’autres se sont joints aux sphères de la dictature, contribuant au pillage des ressources nationales. Pour s’enrichir davantage : des réseaux de trafic de drogue et un état gigantesque de corruption. La Minuhsta, si elle a aidé à mettre en place un minimum de sécurité, n’a pas empêché certains de ses membres de trafiquer. Elle n’a pas pu éradiquer les trafiquants.

            Comment vouloir améliorer la situation, lorsqu’on pense que des tablettes d’argiles étaient mises en vente sur les marchés pour servir de nourriture. Comment espérer euvrer positivement quand 80 % de la population survit avec moins de deux dollars par jour? Aucune politique n’a été mise en place en ce qui concerne les constructions.

La déforestation généralisée a miné la résistance des terrains. Il y a un peu plus d’un an, la ville des Gonaïves a été rayée de la carte à la suite de quatre cyclones. Voilà que frappe le monstrueux tremblement de terre. Aujourd’hui Haïti n’existe pratiquement plus. Tout est à refaire ! Tout est à rebâtir !

            Le peuple Haïtiens, spolié, brisé par toutes les dictatures qui se sont succédées n’a jamais pu avoir l’aide conséquente qui lui aurait permis de s’organiser. Tous nos gouvernements successifs, depuis des décades, ont été gangrenés par des incompétents souvent liés aux maffias de toutes sortes.

            Aujourd’hui voit poindre une prise de conscience d’hommes et de femmes de bonne volonté qui veulent enfin, pour de bons, se mettre au service de notre patrie. Pour reconstruire le pays il faut la participation effective de ceux-là. En Haïti, des milliers de compétences ne demandent qu’à être mises en ordre de marche. Il faut préserver la dignité de ce peuple généreux. Lui permettre de prendre en main son devenir. Tant de créateurs, de peintres, de musiciens, d’écrivains, de médecins, d’architectes doivent être mis au ceur du dispositif de sa reconstruction.

            Je lance cet appel solennel : Il faut en finir avec les querelles, les divisions, la violence politique, la corruption endémique, la rapacité de ces minorités qui se sont enrichies sur la misère. Le premier peuple qui a mis à bas, victorieusement, l’esclavage, ne sombrera pas. Haïti ne demande pas l’aumône ! Tout les Etats du Monde, en particulier, les Etats-Unis, le Canada, la France, qui portent une grande responsabilité dans les carences de notre pays, ont intérêt à se garantir contre les menaces qui j’ai énoncé plus avant. Une mise sous tutelle, telle qu’elle a été pratiquée par la Minhusta ne réglerait pas la question. Il fait aider et non pas imposer.

Il faut l’adhésion de notre peuple ! Sa participation active et responsable !

Il faut surtout permettre au gouvernement haïtien de diriger les opérations.

« Tous unis ! L?Union fait la force ! »

Note: Gerald Bloncourt vit a Paris. Il fut l’un des members des Cinq Glorieuses de 1946 dont il a fait mention dans le texte.

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