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You Are Here: Home » Poetry and Literature » Rencontre avec Jeanie Bogart

On dit souvent que la poésie peut faire secouer les montagnes. On se souvient du role historique que ce genre littéraire a joué dans notre littérature. À CSMS Magazine, nous accordons une place extrêmement importante à l’épanouissement de la poésie haïtienne, connue dans le monde comme une oeuvre de combat, de résistance—résistance à toutes formes de difficultés quotidiennes. C’est dans ce sens que CSMS Magazine parte à la recherche de  nos écrivains de valeur et de leur présenter à nos lecteurs. Cette semaine, nous mettons à l’ honneur Janie Bogart, poête d’une imagination distinguée et d’une inspiration très profonde. C’est l’art qu’on rencontre et qu’on lit à sa pure perfection “crafted” à partir de son imaginaire haïtien.  Lire ces poèmes, on remarque tout de suite qu’ils représentent l’expression de tout son tréfond.CSMS: C’est un plaisir de vous avoir ici à CSMS Magazine. Tout d’abord, pouvez-vous dire à nos lecteurs depuis combien de temps que vous avez commencé à écrire?J.B.: J’ai commencé à écrire à l’âge de 15 ans. J’ai été influencée par la lecture car à l’époque je lisais presque tout ce qui me tombait sous la main. Pour moi c’était la découverte de l’aventure, des voyages, des explorations dans un monde jusque- là inconnu à moi et puisque je gardais mes pensées pour moi-même, je me suis decidée à les mettre sur papier. C’est comme ça que j’ai commencé à écrire mes peurs, mes frustrations, mes espoirs et même mes rêves. CSMS: Où êtes-vous nées, et où avez-vous grandi?J.B.: Je suis née aux Cayes (Haïti) où je suis restée jusqu’à l’âge de quinze ans. J’ai fait mes études primaries chez les soeurs de Sainte Anne, puis j’ai fait une partie de mes études secondaires chez les Frères de l’Instruction Chrétienne. Ensuite, je me suis rendue à Port-au-Prince pour continuer mes études secondaires et universitaires. CSMS: Nous savons que vous n’êtes pas seulement poête, mais aussi quelqu’une qui, dans le passé, a travaillé dans la presse. Est-ce que l’interêt dans l’écriture et la lecture est quelque chose qui vous a toujours encouragé dès votre jeune âge? Avez-vous reçu du support moral nécessaire pour réussir de la part de quelqu’un à la maison?    J.B.: Mon père m’acheta mes premiers livres lorsque j’étais petite. Il aimait beaucoup écrire aussi. Ma mère était enseignante dans une école Catholique. Les deux ne jouaient pas avec l’éducation. Il y avait toujours une sorte de compétition à la maison entre mon frère, mes quaire soeurs et moi. J’ai été la fille gatée de mon père et ma famille en général a toujours montré de l’admiration pour mes oeuvres. CSMS: Qui sont les gens qui vous ont beaucoup influencé très tôt dans votre vie, et pourqoi? J.B.: Enfant, j’étais peu sociable ( je crois que je le suis toujours en quelque sorte) cependant je voulais pratiquer un métier qui sort de l’ordinaire tout en étant incertaine de la voie à emprunter. À part les premières lectures, c’est la découverte de la littérature française et haïtienne à l’âge de seize ans qui me poussa à écrire. Pourquoi? Disons tout implement que j’avais beaucoup à dire et comme je n’étais pas très bavarde,  le papier devint donc mon confident. J’ai été tres influencée par l’écrivain anglais Morris L. West et aussi  Han Suyin. CSMS: Vos poèmes sont des produits de profondes inspirations. Avez-vous déja publié de livres?J.B.: Je n’ai pas encore publié de livres. Je travaille en ce moment avec un éditeur à la parution de mon premier recueil de poèmes. CSMS: Est-ce que la diversité culturelle joue un role dans vos oeuvres?J.B.: Ça m’aide à atteindre et à plaire à une plus vaste audience tout en gardant mon originalité. CSMS: Vos oeuvres focalisent plus sur la justice sociale. Comment pouvez-vous interprêté toutes les injustices qui ont été commises à Haiti Durand ces dernières 80 années—de l’occupation américaine à la dinastie duvalieriste et même à l’époque d’Aristide?J.B.: La première injustice à mes yeux vient de nous autres haïtiens. Particulièrement les vendeurs de pays, de patrimoine, de conscience. Nous sommes les premiers à nous trahir parce que nous ne nous entendons pas. Nous avons realisé 1804. Nous sommes un peuple fort et craint même des grandes puissances. Cependant il nous faut une certaine union pour progresser, pour sortir de nos malheurs. Nous pourrions même nous débarrasser des étrangers qui occupent notre territoire national actuellement. Je n’ignore cependant pas le fait qu’une injustice a été commise a notre pays aussi par l’étranger. La communauté internationale ne nous aime pas beaucoup; ce qui ne nous empêcherait pas de l’ utiliser tout comme il nous utilise. Ce dont nous avons besoin en ce moment c’est du respect en tant que nation indépendante, en tant que humains. C’est triste de constater que l’haïtien d’aujourd’hui ferait tout pour une poignée de dollars.CSMS : Nous savons que vous êtes en train de travailler sur votre prochaine sortie de votre premier receuil de poèmes. C’est quelle maison d’édition qui a endosé le projet ?J.B. : J’ai remis mon premier manuscrit aux éditions Mémoire d’Encrier, j’attends une réponse d’eux sous peu.CSMS : On dit souvent que les haitiens sont de très bon écrivains, mais ils souffrent terriblement d’une carence de connections qui leur aurait permis d’offrir leurs œuvres à une audience internationale. Avez-vous un plan de marketing?J.B. : Je travaille là-dessus. Je suis en train d’établir les contacts nécessaires. Je travaille aussi avec un auteur à la traduction de mes poèmes en anglais.CSMS : Avez-vous des indices sur la reception que votre prochain receuil de poèmes va avoir dans les communautés haitiennes de partout, tant qu’en Haiti qu’à l’exterieur d’ Haiti ?J.B. : En général les gens aiment mes écrits. Mon ami Daniel Marcelin a utilisé quelques uns de mes textes sur scène lors de ses soirées théatrales et durant ses tournées. J’avais moi-même fait une présentation il y a quelques années de cela à Port-au-prince sous la direction de Paula C. Péant. Ça avait beaucoup de succès.CSMS : Beaucoup de critiques litteraires disent que la litterature haitienne est une litterature de combat, née à partir de notre misère « infinie ». Comment voyez-vous ceci ?J.B. : Partiellement. Nous produisons aussi des oeuvres différentes. Moi personnellement j’écris sur beaucoup d’autres sujets. Par exemple l’amour est mon point fort. Mais je pense qu’il est tout de même normal que l’état de notre pays reflète dans nos écrits.CSMS : Est-ce que toutes vos œuvres sont des œuvres de fiction ?J.B. :Moitié fiction, moitié non fiction.CSMS : Les poètes sont générallement des romanciers. Comptez-vous avancer dans le même sens ?J.B. : Oui. J’écris actuellement un roman à caractère socio-politique et une nouvelle.CSMS : Il y a plusieurs genres de poésie. Quel est celui dont vous considérez le plus dificile à écrire?J.B. :Les vers rimés. Selon moi ils tuent l’inspiration. Et puis j’ai toujours été rebelle. Je n’aime pas respecter les règles. J’aime m’appeler un oiseau libre.CSMS : Ne vous est-il jamais arrivé un jour où vous vouliez tout abandonner ?J.B. : Jamais. Écrire est ma passion et même si je ne voulais pas le faire, l’inspiration me vient toujours. Je ne peux l’en empêcher.CSMS : Il y a beaucoup de gens dans les médias qui disent toujours que le sacrifice est le seul chemin qui mène un artiste au sommet de son succès. Croyez-vous en cela? Si oui, qu’est-ce que vous considérez comme un sacrifice acceptable?J.B. : Le seul que je puisse imaginer est celui de ne pas être satisfait financièrement du travail d’écrivain ou plutôt de poète, de ne pas gagner ce que l’on mérite. CSMS : Quelle est la question qu’on vous pose le plus souvent quand vous donnez des interviews?J.B. : D’où me viennent mes inspirations?CSMS : Quel conseil que vous aimeriez donner à quelqu’un qui voudrait faire, comme toi, un chemin dans la poésie?J.B. : N’hésitez pas. Il n’existe de plus grande satisfaction que celle d’être satisfait de ses oeuvres et d’avoir cette même réaction du public.CSMS : Entre fiction et nonfiction, laquelle des deux est la plus dificile à accomplir?J.B. : Pour moi c’est la fiction. Le résultat est beau et gratifiant, bien sûr ; mais cependant j’ai l’impression de mentir en quelque sorte.CSMS : À part de créole, français, et l’anglais que vous connnaissez très bien, pouvez-vous vous exprimer dans d’autres langues?J.B. : Pas vraiment . J’ai étudié l’espagnol que je comprends un peu et lis assez bien. À l’école de journalisme,  j’ai étudié un peu l’allemand  mais j’ai presque tout oublié maintenant.CSMS : Pouvez-vous nous dire la dernière fois dont vous étiez en Haiti? Voyagez-vous souvent là-bas ?J.B. : J’y vais tous les ans. J’ai été en Haïti en Août dernier. J’aime Haïti. C’est là où je me sens chez moi.CSMS : Avez-vous des enfants? Si oui, font-ils toujours parti de vous aspirations? Comment vous sentez-vous quand vous êtes loin d’eux?J.B. : J’ai quatre filles et aussi bizarre que cela puisse paraître, elles ne m’inspirent pas. Pas encore. Quand elles ne sont pas là, je m’inquiète.CSMS : Êtes-vous la seule enfant de la famille ?J.B. : Mon père et ma mère avaient 6 enfants. Un garçon et cinq filles.CSMS : Pouvez-vous nous dire s’il y a un ville au monde dont vous rêvez de visiter un jour, mais une ville que vous n’aimeriez jamais y habiter définitivement?J.B. : Je dois en choisir une, car je rêve beaucoup. Donc ce serait Londres.CSMS : Est-ce nostalgie la raison principale derrière la réalisation du «Le Temps Du Silence»?J.B. : Nostalgie, frustration, l’envie de briser les silences.CSMS : Nous sommes arrivés à la fin de notre entrevue. N’a-t-il pas d’autres projets que vous voudriez partager à notre lectorat?J.B. : J’ai une sélection de poèmes prête pour un second  recueil. Je travaille sur une nouvelle et un roman en même temps. Je suis aussi  éditrice à Haitian Voice Of Connecticut ( un magazine mensuel qui paraîtra demain).CSMS : Merci beaucoup d’avoir pris du temps de votre horaire si précieux pour nous accorder cette interview.J.B. :Mon plaisir.Janie Bogart vit à New York depuis quelques années. On peut lire ces poèmes sur notre section de « poetry. »

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